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- À Lawaï, village situé au centre du Togo, des communautés ont hérité d’un akée (Blighia Sapida) abusivement appelé acajou, utilisé comme arbre à palabres depuis un demi-siècle. C’est un arbre qui occupe une place importante dans le quotidien du village.
- L’arbre à palabres, lieu de rassemblement des communautés, est un symbole d’unicité et de cohésion sociale. Avec l’évolution de la société, ce rôle a changé. En plus de leur valeur sociale et culturelle, ces arbres sont également utilisés pour des activités économiques.
- L’urbanisation menace les arbres à palabres. Dr Fousseni Folega explique pourquoi et comment préserver ces arbres. La communauté de Lawaï s'oppose fermement à leur abattage.
Sous un soleil ardent, nous empruntons une piste poussiéreuse en direction de Lawaï, un village situé dans la préfecture de Blitta, au centre du Togo, à environ 270 km de Lomé, la capitale. Nous traversons des champs arides, sans la moindre culture, alors que le mois de mai bat son plein, « période normalement consacrée aux labours et semis », nous confie le conducteur de taxi moto qui nous conduisait.
Après avoir traversé la zone qui abrite la plus grande centrale solaire du pays et laissé derrière nous quelques maisons dispersées, nous arrivons à Lawaï, qui signifie « derrière la forêt » en kabyè, la langue locale.
Durant ce trajet, nous n’avons aperçu aucune forêt, à part un akée, un arbre d’environ dix mètres de hauteur, avec un tronc fissuré comme les rides d’un vieillard.
Nous partons à la rencontre du chef du village, qui nous conduit jusqu’au fameux akée (Blighia sapida) abusivement appelé acajou, arbre symbolique pour la communauté de Lawaï. L’arbre est situé à la périphérie du village, précisément au bout de la principale piste qui y mène. La zone est entourée de quelques maisons.
Sous l’ombre de l’arbre, un petit troupeau de chèvres se repose. À notre arrivée, elles se dispersent, visiblement dérangées.
« Cet arbre existe ici depuis notre tendre enfance. Il dépasse largement un demi-siècle. C’est ici que nous vivions avec notre papa et c’est lui qui l’a planté », nous confie Bofouloum Melemsaka, chef du village, reconnaissable par son habit au pagne tissé et son chapeau rouge, symbole d’autorité.

Bofouloum Melemsaka, chef du village de Lawaï, une localité située dans la préfecture de Blitta, au centre du Togo, à environ 270 km de Lomé, la capitale. Image de Akissa-youtou Assenouwe pour Mongabay.
Lieu de rassemblement par excellence, le vieux akée de Lawaï occupe une grande place dans le quotidien de la communauté. Il sert d’espace pour les réunions, le règlement de litiges ou simplement de détente. « À l’exception des réunions confidentielles qui se tiennent chez un ancien du milieu, tous nos rassemblements, quelle qu’en soit la nature, ont lieu sous cet arbre », confie N’kandima N’danida, un habitant de longue de Lawaï.
Il nous explique que chaque premier samedi du mois, toute la population s’y retrouve pour aborder les questions touchant au développement de Lawaï.
Dans de nombreuses communautés africaines, on retrouve ces arbres emblématiques, à l’instar de l’akée de Lawaï, utilisée comme arbre à palabres.
Arbres à palabres, symbole de dialogue et de cohésion sociale
« On a cet arbre-là qui est généralement un arbre qui est assez âgé, qui va apporter son aura, son ombre, sa bienveillance. Alors moi, ce que je vois, pour avoir été quand même pas mal de fois au Sénégal, c’est là, effectivement, qu’on va résoudre tous les problèmes, que ce soit les problèmes de couple qu’il peut y avoir. Il y a aussi des conflits de voisinage. On se sert en fait de la puissance, de l’aura de cet arbre pour apaiser les discussions, la plupart du temps. Les conseils du village également, les grandes décisions à prendre sont souvent prises à cet endroit-là », dit Sébastien Garnaud, président de l’Institut pour l’étude et la conservation du baobab (INECOBA).
Cet universitaire, docteur en géologie et passionné de botanique, milite depuis 2007, à travers son association, pour promouvoir et sauvegarder le baobab africain au Sénégal, emblème du pays, et le plus utilisé comme arbre à palabres.
Pour comprendre ce qu’est un arbre à palabres comme l’akée de Lawaï ou les baobabs, dans certaines communautés au Sénégal, Mongabay a rencontré Fousseni Folega, Maître de conférences en écologie forestière et de restauration des écosystèmes paysagers et en biologie de conservation à l’université de Lomé.
« La palabre, c’est d’abord une notion africaine. En effet, quand on vient sous un arbre à palabres, on quitte avec le sourire ou du rire aux éclats. On vient sous un arbre à palabres pour chercher la solution. On vient sous un arbre à palabres pour partager son problème. Et on vient également sous un arbre à palabres pour trouver des opportunités », explique le chercheur, sur son campus, à l’ombre d’un petit manguier qui lui fait probablement office d’arbre à palabres.
Se rendre sous un arbre à palabre pour trouver une solution est une réalité bien concrète à Lawaï. Un différend foncier a pu être résolu après de multiples rassemblements sous le fameux akée. « Tout récemment, un litige foncier a failli entraîner notre expulsion du village. C’est sous cet arbre là-bas, que nous nous sommes réunis plusieurs fois, pour discuter et décider de l’avenir de notre communauté », dit N’danida, assis sous un gigantesque baobab, le regard tourné vers le ciel, observant la formation des nuages dans l’espoir d’un signe de pluie.
Selon Folega, les caractéristiques physiques d’un arbre à palabres font de lui un symbole d’unicité. « Un arbre à palabres doit avoir un gros port, un diamètre. Ce qui fait aussi que l’arbre à palabres évoque la notion de l’unicité. Tel qu’on dit souvent avec le baobab, deux bras ne peuvent pas embrasser le baobab. Et justement, quand vous êtes en face d’un arbre à palabres, un seul individu ne peut pas prendre ses deux bras et l’entourer. Ce qui fait qu’il faut être nombreux et se mettre main dans la main pour l’entourer ».
Au-delà de sa valeur culturelle, l’arbre à palabres offre de nombreux services écosystémiques. Il fournit la nourriture, aide à séquestrer le carbone et protège certains animaux.
N’kandima N'danida, un habitant de longue date de Lawaï assis sous un baobab à son domicile. Photo de Akissa-youtou ASSENOUWE pour Mongabay." width="2040" height="1530" loading="lazy" decoding="async" />N’kandima N’danida, un habitant de Lawaï assis sous un baobab à son domicile. Image de Akissa-youtou Assenouwe pour Mongabay.
Interrogé sur ce qu’ils tirent du fameux akée de leur village, N’danida, dont la maison est nichée dans un petit verger d’orangers, de papayer, de goyavier, de palmiers, de cocotiers, cite en premier les fruits de cet arbre. Il explique qu’en plus de les consommer, les noyaux peuvent être utilisés dans la médecine traditionnelle pour traiter des infections chez les enfants.
Outre leurs fruits, feuilles et fibres, ces arbres constituent « un habitat pour la biodiversité animale », indique Dr Folega.
« Les arbres à palabres contribuent à la conservation et à la protection de la biodiversité faunique, surtout ornithologique et même les chauves-souris, les chiroptères et éventuellement d’autres types de faunes volantes. On ne va pas oublier les insectes, les abeilles, tous ceux qu’on connaît qui ont un lieu idéal également pour se développer et participer au maintien de la chaîne alimentaire et trophique ».
Cinq espèces d’arbres exotiques adoptées comme arbres à palabres
Interrogé sur la biodiversité locale, Folega Fousseni indique qu’on dénombre neuf espèces d’arbres utilisées comme arbres à palabres au Togo.
Ces espèces natives du Togo ou sont des espèces que nos ancêtres ont retrouvées. Elles existaient avant eux. Voilà pourquoi on parle d’espèces spontanées. Baobab, arbre à socie, fromager, iroko, le caïlcédrat, le calebassier, sont quelques espèces d’arbres utilisées comme lieu de discussion ou de partage entre les communautés. « On a aussi le ficus polita. À Lomé, les gens s’amusent à l’appeler affectueusement l’arbre à calomnies, parce qu’habituellement, sous cet arbre, quand on s’assoit, c’est pour y raconter des commérages ou des calomnies. Ils appellent ça Lèguèdèti. Et ce type d’arbre, on le retrouve exclusivement dans les ateliers de mécaniciens à quatre roues ou même les mécaniciens à deux roues ».
Ces espèces d’arbres varient selon les communautés. Il précise qu’on peut trouver des arbres à palabres qui ne sont pas des espèces natives du Togo, mais qui, au fil du temps, ont été domestiquées, et aujourd’hui, jouent un grand rôle de rassemblement ou de cohésion sociale.
« Maintenant, on a aussi les espèces exotiques, venues d’ailleurs, mais qui aujourd’hui, indiscutablement sont devenues ou ont été adoptées comme arbres à palabres. Il y a le neem. Si je prends le campus aujourd’hui, tous les gros pieds de neem mis en terre dans les années 70-80 avec la révolution verte. Aujourd’hui, ce sont des lieux privilégiés des rencontres, que ce soit pour les étudiants, que ce soit même pour les visiteurs. Et quand vous allez dans la zone nord du Togo, à partir de Kéran remontant, vous verrez le neem pratiquement dans chaque ménage ou carrément à la devanture, où il est également utilisé ».
Manguier, melina, arbre de pluie, senna Siamea localement appelé Zanguérati, en plus du neem représentant les cinq espèces d’arbres introduites au Togo et devenues aujourd’hui des symboles culturels pour les communautés.
Arbre à palabres, des points de repère
Au-delà d’être un lieu de rassemblement, l’akéede Lawaï représente un point de repère dans le village. « C’est un point de référence pour se situer dans le village. Lorsqu’un étranger veut venir, c’est par rapport à l’arbre-là que nous indiquons les maisons. L’emplacement est également connu par les autorités du pays, notamment les maires, les députés, les organisations non gouvernementales, qui viennent souvent échanger avec nous. Si quelqu’un veut rencontrer la population, c’est sous cet arbre que nous lui donnons rendez-vous », dit N’kandima N’danida, un ancien de Lawaï que nous avons rencontré à son domicile.
De son côté, Dr Folega affirme que les arbres à palabres sont de bons indicateurs de présence, souvent appelés « landmarks ». « Les arbres qui indiquent, qui sont des marqueurs biologiques, de présence d’un phénomène quelconque. Donc, quand on voit ça, on sait qu’ici, les êtres humains se sont installés à un moment donné. Cela peut indiquer qu’il y a eu une activité liée à l’être humain qui se serait déroulée. En regardant aussi la taille de l’arbre et le niveau d’enracinement, le tronc, on peut définir à peu près combien d’années auparavant il y avait une installation d’une communauté togolaise à cet endroit ».
C’est l’exemple du caïlcédrat, un arbre utilisé dans le nord du Togo comme arbre à palabres, et qui symbolise la présence des communautés du Sahel. « Il y a des dictons qui disent que, quand vous rencontrez un Khaya, un peuple du Sahel n’est pas loin de là. Là où il y a un Khaya, c’est là que vous allez trouver un peuple du Sahel qui est en train de vendre quelque chose ».
Panapagnima Kanabia, un jeune de Lawaï qui fréquente régulièrement l’arbre à palabres pour se détendre ou participer à des événements sportifs. Photo de Akissa-youtou ASSENOUWE pour Mongabay.
La piste principale qui mène à Lawaï aboutit sous l’akée. Cet arbre se situe également à la croisée de deux voies secondaires. Ce qui fait de lui un repère pour les passants.
Selon les populations, cet arbre n’est dédié à aucune divinité. Cependant, il sert de lieu de conseil des anciens pour préparer certaines pratiques ancestrales.
Les anciens invoquent la pluie et les jeunes apprennent à préserver l’environnement
Les habitants de Lawaï vivent essentiellement de l’agriculture, une activité fortement dépendante des saisons et des variations climatiques. Dans ce contexte, les croyances traditionnelles occupent une place importante dans la vie des habitants. Le village, profondément attaché à ses coutumes, croit aux forces invisibles qui régissent la nature. Ainsi, lorsque les pluies deviennent rares, les anciens se retrouvent sous le vieil arbre pour se concerter et demander la clémence des esprits.
« En période de sécheresse comme c’est le cas présentement, c’est ici que nous nous retrouvons pour décider de ce qu’il faut faire. Ensemble, nous décidons s’il faut procéder aux libations pour demander la pluie. C’est vrai que la cérémonie d’invocation se fait sur un autre lieu tout prêt, mais la concertation sur, par exemple, le choix de l’animal à sacrifier se fait sous cet arbre », dit le chef du village.
Pour les jeunes, au-delà de servir de point de rassemblement pour les réunions, l’arbre à palabres leur sert également de lieu de détente. C’est le moment opportun durant lequel, ils apprennent les questions de préservation de l’environnement. Nous avons rencontré Panapagnima Kanabia, la trentaine, qui a regagné sa place habituelle de repos au retour des champs.
« Je viens ici au moins quatre fois dans la semaine pour me détendre. Cet arbre nous sert énormément en tant que jeune de ce milieu », dit-il, dans une posture détendue, pouce gauche bandé, avec des yeux pétillants, malgré les signes visibles de fatigue. Interrogé sur la propreté autour de l’arbre, il explique qu’ils sarclent régulièrement pour maintenir le milieu toujours propre.
Il poursuit en expliquant qu’il conscientise les plus jeunes qui fréquentent le lieu sur les bonnes pratiques à adopter pour préserver l’environnement. « Il y a certaines branches qui descendent et les enfants ont tendance à les couper. Nous les empêchons de couper ces branches, parce que ça sert d’ombre pour le village. Nous avons eu tellement de séances de sensibilisation ici sur l’importance de ne pas abattre les arbres. Et, je pense que d’autres jeunes, comme moi, comprennent l’importance qu’il y a à préserver les arbres. Même s’il arrive qu’on veuille couper quelques-uns, il faut planter d’autres à leur place pour mieux préserver l’environnement ».
Kanabia, au-delà de sensibiliser ses cadets sur la nécessité de prendre soin de l’arbre, joue également au football à ses heures libres.
Il explique que le vieil arbre sert énormément à son équipe lors des matchs. Une autre façon de profiter d’un arbre à palabres.
« Cet arbre est en quelque sorte notre tribune officielle »
Aujourd’hui, l’arbre à palabres ne sert plus seulement à régler les conflits. Avec l’évolution de la société, il est devenu un lieu polyvalent : on y organise des compétitions, vend, travaille ou encore se détend.
À Lawaï, le vieux akée est à proximité d’un terrain de foot. Les passionnés du football s’y rassemblent pour suivre les matchs. « Nous utilisons cet arbre comme espace public pour accueillir nos invités lors de nos évènements sportifs. C’est en quelque sorte une tribune. Nous avons par exemple joué un match de football le 1er mai (Ndlr : à l’occasion de la fête du travail). Cet arbre nous a servi de place publique pour les invités. C’est sous cet arbre que les spectateurs sont restés pour suivre le match. Cet arbre est en quelque sorte notre tribune officielle », dit Panapagnima Kanabia, amateur de football, adossé à l’arbre, souriant dans son maillot bleu en évoquant les bons souvenirs passés à cet endroit avec ses coéquipiers.
Interrogé, Dr Folega explique que l’arbre à palabres est devenu un lieu où se font des activités socio-économiques. « Aujourd’hui, les arbres à palabres abritent des métiers de l’artisanat. Vous trouvez un arbre qui, a priori, est un arbre à palabres, mais sous lequel vous avez une maman qui fait du colico (Ndlr : igname frit), une autre qui vend la boule d’akassa (Ndlr : pâte faite à base de l’amidon du maïs), à côté vous avez un mécanicien qui répare les motos. Et entre deux temps, la recherche d’un client, la réparation ou bien la confection d’un habit, on en profite pour se désaltérer. J’ai même oublié la distribution de la bière locale, que ce soit le tchapalo ou le tchoukoutou (Ndlr : deux boissons faites à base du sorgho) ».
Selon lui, la dimension va même plus loin. On retrouve, dans certaines localités, des maquis et des bars qui sont installés parfois à côté des arbres à palabres. Ces arbres sont délaissés à cause de l’urbanisation. Les propriétaires ont dû se déplacer sur d’autres lieux. Les nouveaux occupants réorganisent l’espace et attribuent un autre rôle à l’arbre. Il ne sert plus seulement à des échanges sociaux, mais devient un moyen de gagner de l’argent avec des activités structurées.
Même si l’urbanisation apporte une nouvelle manière d’utiliser les arbres à palabres, elle n’est pas sans conséquence.
Akée (Blighia sapida), communément appelé acajou, est utilisé comme arbre à palabres à Lawaï depuis plus d’un demi-siècle. Photo de Akissa-youtou ASSENOUWE pour Mongabay." width="2040" height="1530" loading="lazy" decoding="async" />Akée (Blighia sapida), communément appelé acajou, est utilisé comme arbre à palabres à Lawaï depuis plus d’un demi-siècle. Image de Akissa-youtou Assenouwe pour Mongabay.
L’urbanisation : une menace pour les arbres à palabres
Symbole de dialogue et de cohésion sociale, les arbres à palabres sont encore jalousement préservés dans certaines localités. Du fait de leur importance pour la communauté, ils bénéficient d’une attention particulière.
« Généralement, ces arbres-là sont un peu chouchoutés. Ils sont mis en avant, parce qu’ils sont tellement importants, effectivement, dans l’histoire du village, même dans les villes. Même à Dakar, même si c’est très urbanisé, il y a encore des arbres à palabres qui servent effectivement dans ce cadre-là, même s’il y en a beaucoup moins, mais il y en a quelques-uns que je connais. Généralement, lorsqu’on parle de l’arbre à palabres, c’est l’arbre qui est vraiment chouchouté. On n’a pas trop à s’inquiéter sur l’avenir de ces arbres-là, parce qu’on les respecte », dit Sébastien Garnaud.
Toutefois, il souligne qu’il faut rester vigilant, parce que l’urbanisation et le pâturage peuvent affecter la régénération de certaines espèces comme le baobab.
Dr Folega fait le même constat : l’urbanisation menace les arbres à palabres. Lorsque de nouveaux occupants arrivent sur une terre, ils ont leur façon d’organiser l’espace. « Habituellement, les nouveaux occupants ne sont pas en symbiose avec les rites et cultures du milieu. Soit l’arbre à palabres peut être un tabou pour lui, et il faut s’en débarrasser. Ou bien il peut occuper une place qui ne lui permet pas de faire ses aménagements, donc il faut s’en débarrasser », dit-il.
Pour préserver ces arbres, Sébastien pense que la priorité est de les connaître. Il explique que c’est ce qui l’a poussé à créer l’Institut pour l’étude et la conservation du baobab. À travers cette association, il a participé à des travaux de datation du baobab africain au Sénégal, utilisé comme arbre à palabres. L’association a également mené des séances de sensibilisation sur la nécessité de ne pas couper les arbres.
Fousseni Folega va dans le même sens en insistant sur l’importance de mener des actions de sensibilisation pour mieux faire connaître les arbres à palabres. Ensuite, faire un travail de recherche anthropologique, écologique, socioécologique.
Cela permet de « voir un peu notre dimension par rapport à cette notion d’arbres à palabres, les réorganiser en fonction des grands groupes sociaux-culturels du Togo. Et, maintenant, au regard de ça aussi, les codifier en fonction de leur importance et en fonction de leur valeur culturelle ».
Par ailleurs, il souligne le rôle de la chefferie traditionnelle dans la protection de ces arbres. Au regard du pouvoir que ces autorités ont dans les affaires foncières, « dans les prochaines campagnes de lotissement ou de morcellement de terres, on pourrait mettre à contribution certains lopins, afin de créer et sauvegarder ces arbres qui participent à augmenter les puits de carbone au Togo, à créer de l’habitat, mais en même temps, qui deviennent des lieux qu’on peut abusivement appeler des jardins ou que les municipalités peuvent aménager, permettant ainsi de résoudre le problème de manque de parcs et jardins dans nos villes en pleine croissance ».
À Lawaï, l’akée, n’a pas échappé à cette tension entre développement et préservation. Il a failli être abattu dans le cadre d’un projet d’aménagement, mais les populations locales s’y sont fermement opposées.
« Entre temps, il y a eu un projet de prolongement de la piste pour relier notre village au village voisin. Pour ce faire, il fallait couper l’arbre. Mais nous anciens du village, avons catégoriquement refusé. Pas question de le déraciner » affirme le chef du village. Selon lui, « rien ne peut justifier l’abattage de cet arbre ».
Anciens, jeunes, toute la communauté est résolument engagée à préserver l’akée, un héritage ancestral qui, visiblement, a encore de beaux jours devant lui.
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Où trouve-t-on des baobabs ?
L'arbre est originaire d'au moins 37 pays d'Afrique et de deux pays de la péninsule arabique. Le baobab africain (Adansonia digitata) est le plus répandu des huit espèces de baobabs connues. Il survit dans des conditions parmi les plus difficiles, depuis les rivages océaniques baignés d'eau salée jusqu'aux vastes savanes et forêts sèches. Quant aux autres, six sont originaires de Madagascar, et un du nord et de l'ouest de l'Australie.
Les baobabs sont des arbres uniques. Ils font partie des arbres qui vivent le plus longtemps au monde, certains d'entre eux ayant plus de 2 000 ans. Ils peuvent survivre à des sécheresses prolongées grâce à leur capacité à stocker l'eau dans leurs énormes troncs, qui peuvent atteindre un diamètre de 10 mètres ou plus. Le tronc a une étonnante capacité de régénération, repoussant facilement après avoir été endommagé par des humains à la recherche de fibres ou par des animaux sauvages comme les éléphants qui tentent d'étancher leur soif.
Contrairement à la plupart des arbres, qui sont ornés de feuillages luxuriants, le baobab reste souvent dépouillé pendant la majeure partie de l'année. Ses branches épaisses et dénudées s'étirent comme des bras squelettiques, lui conférant une apparence étrange et presque mystique.
Le baobab a une croissance lente. Il commence à fleurir et à produire des fruits vers l'âge de 20 ans. Cependant, dans de nombreuses régions, notamment les zones arides, les arbres ne donnent leurs premiers fruits que bien plus tard. Certains n’en produisant qu’à partir de 60 ans.
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Au Zimbabwe, les habitants se tournent vers la cueillette des fruits du baobab. Un marché mondial en plein essor permettant aux fermiers de faire face au changement climatique.
Dans les zones rurales du Zimbabwe, les habitants se tournent vers la cueillette des fruits du baobab. Une source cruciale de revenus pour les communautés dévastées par le changement climatique. Les sécheresses ayant décimé les cultures traditionnelles. Alors que la demande mondiale est en hausse, les habitants doivent faire face à des conditions difficiles pour collecter et vendre leurs récoltes.
Loveness Bhitoni, habitante de Mudzi, se réveille avant l'aube pour passer ses journées à chercher des fruits de baobab, marchant pieds nus dans des paysages chauds et épineux. Elle vend les fruits ramassés à bas prix aux transformateurs industriels ou à leurs intermédiaires.
"Nous n'avons pas fait de récoltes cette année, nous survivons grâce à l'argent des fruits du baobab. Nous ne pouvons acheter que du maïs et du sel. L'huile de friture est un luxe, car l'argent ne suffit pas. Il m'arrive de passer un mois sans acheter de savon. Sans parler des frais de scolarité ou des vêtements des enfants", déplore Loveness Bhitoni.
Ces dernières années, le marché international des produits issus du baobab a connu une forte croissance, transformant les zones rurales en Afrique où les arbres sont abondants en marchés d'approvisionnement vitaux.
Cependant, Zimtrade, l'agence gouvernementale chargée des exportations, a déploré les faibles revenus touchés par les cueilleurs de fruits du baobabs. Pour pallier le problème, l'organisation envisage de mettre en place des usines de transformation.
"Lorsque vous vous rendez dans la plupart des pays, vous constatez qu'ils ont été en mesure d'établir une bourse des matières premières. Je pense que cela permet de garantir une évaluation équitable de ces matières premières et que les agriculteurs ordinaires ou les femmes et les enfants qui ramassent ces baobabs ne soient pas lésés au final, car actuellement, les acheteurs fixent des prix libres, car il n'y a pas de marché pour déterminer le prix de ces baobabs" , explique l'économiste Prosper Chitambara.
D'après Zimtrade, le Zimbabwe abrite environ 5 millions de baobabs. Selon le Centre pour la promotion des importations du gouvernement néerlandais, le marché mondial de cet arbre pourrait atteindre 10 milliards de dollars d'ici 2027.
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Les Malgaches l'appellent “reniala”, ce qui signifie “mère de la forêt”. Une étude internationale dirigée par des chercheurs du Jardin botanique de Wuhan, en Chine, retrace l'histoire de l'évolution du baobab, dont la silhouette singulière évoque l'Afrique et l'Océanie.
1 Le baobab est né à Madagascar…
Le séquençage et la comparaison des génomes des huit espèces de baobabs existant dans le monde indiquent que le genre Adansonia, auquel ils appartiennent, est probablement apparu il y a 41 millions d'années à Madagascar. Sur cette île de l'océan Indien, les baobabs ont trouvé des niches écologiques variées, en altitude, en température ou en précipitations. Les diverses populations se sont alors adaptées à ces particularités, puis ont été fragmentées à l'occasion d'épisodes de montée des eaux, de soulèvement de montagnes ou d'éruption volcanique. C'est ainsi qu'il y a 20 millions d'années, les espèces actuelles ont commencé à se distinguer.
2 … d'où il a voyagé vers l'Afrique et l'Australie…
Aujourd'hui, six espèces vivent à Madagascar, une espèce pousse dans les savanes du continent africain, et la dernière dans le nord-ouest de l'Australie. La dispersion des baobabs s'est effectuée via des graines emportées par les courants marins, notamment le gyre de l'océan Indien, qui circule dans le sens des aiguilles d'une montre entre l'Australie, l'Asie du Sud et la côte est de l'Afrique. Les ancêtres d'Adansonia digitata se sont ainsi implantés sur le continent africain, tandis que ceux d'Adansonia gregorii migraient vers l'Australie.
3 … et risque l'extinction
L'analyse révèle que le génome des baobabs est très peu diversifié, surtout celui des espèces malgaches Adansonia suarezensis et Adansonia grandidieri. Cela restreint leur capacité d'adaptation aux changements climatiques à venir, notamment à l'augmentation attendue des amplitudes thermiques à Madagascar. Toutes les espèces, sauf l'africaine Adansonia digitata, sont inscrites sur la Liste rouge de l'UICN 2023 des espèces menacées. Pour les sauver, des plans de conservation ciblés devront nécessairement être mis en place.

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Un baobab majestueux, symbole de sagesse et de résilience, s’élève fièrement au cœur du Sénégal. Tout comme cet arbre millénaire, le pays puise sa force et son histoire dans ses racines profondes, résistant aux épreuves du temps, et promettant de rester debout, fier et immuable, pendant encore de nombreux millénaires à venir.
Le Sénégal, terre de contrastes et de diversité, est bien plus qu’un simple pays d’Afrique de l’Ouest. C’est un véritable gardien de la mémoire et de l’héritage de nos ancêtres. Depuis des millénaires, notre Nation a été le témoin de civilisations florissantes. Des royaumes majestueux du Tekrour et du Djolof, aux royaumes sérères du Sine et du Saloum, du Waalo, du Fouta-Toro, du Namandirou et du Bambouk, chacun a façonné avec éclat notre destinée commune. Au Sud du pays, l’Etat du Kaabu, puis le Fouladou ont également joué des rôles déterminants dans la construction de notre patrimoine.
Telle la solidité inébranlable du baobab, le Sénégal a fait face à de nombreux défis au fil des siècles. De l’esclavage aux invasions coloniales, de l’indépendance à la construction d’une Nation nouvelle, les épreuves ont forgé l’identité du Peuple sénégalais. La force de notre Nation réside dans sa capacité à s’adapter, à se renouveler et à préserver son essence face à l’adversité.
Comme le baobab projette son ombre protectrice sur les générations futures, le Sénégal se tourne vers l’avenir avec confiance et détermination. L’émergence de l’économie, les progrès technologiques et l’investissement dans l’éducation nourrissent l’espoir d’un avenir meilleur. Nous, Sénégalais, fiers de notre passé et conscients de notre potentiel, sommes prêts à relever les défis qui se présentent à nous.
Aujourd’hui, le Sénégal est résolument tourné vers l’avenir. Des projets de développement ambitieux comme la «Cité du Savoir» à Diamniadio et l’émergence d’une scène technologique dynamique à Dakar témoignent de notre détermination à innover et à prospérer. De jeunes entrepreneurs, conscients de leur héritage culturel, s’engagent pour relever les défis de demain avec créativité et responsabilité.
Au lieu de simplement protéger les baobabs pour les générations futures, il est de notre devoir de préserver la paix au sein de notre Nation. La paix est la clé qui nous permet de construire un avenir harmonieux et prospère. En préservant l’unité, la tolérance, et en résolvant nos différends par le dialogue, nous pouvons assurer la stabilité de notre pays et ouvrir la voie à un progrès durable.
Le Sénégal, berceau des anciens royaumes du Tekrour et du Djolof, ainsi que d’autres puissants royaumes ayant eu une influence sur la région, s’est forgé une identité commune solide, riche et diverse. En honorant notre héritage commun, en célébrant notre diversité culturelle et en cultivant la paix, nous resterons debout comme un baobab millénaire, promettant de garder notre Nation forte et immuable pour les générations à venir. En honorant notre passé, en célébrant notre présent et en cultivant un avenir prometteur, nous resterons également debout comme un baobab millénaire face à toute adversité. Le Sénégal, gardien de son héritage, demeure une source inépuisable d’inspiration pour l’imaginaire des Sénégalais et du monde entier.
Maintenant, je vais vous raconter une légende qui nous interpelle tous : La légende du Baobab de la Sagesse. Cette histoire captivante remonte à une époque lointaine, au cœur du Sénégal, où les ancêtres transmettaient des récits envoûtants sous l’ombre bienveillante des baobabs majestueux.
Au centre de cette légende, se trouve un sage énigmatique du nom de Samba. Guidé par une force invisible, il se lança dans une quête audacieuse, à la recherche d’une racine sacrée cachée sous le baobab millénaire. Son objectif était de sauver sa tribu d’une crise dévastatrice qui menaçait son existence, symbolisant les nombreux défis auxquels le Sénégal a dû faire face au fil des siècles.
La quête de Samba fut périlleuse, tout comme les épreuves que le Peuple sénégalais a traversées dans son histoire tumultueuse. Des moments sombres, tels que l’esclavage et les invasions coloniales, ont testé la résilience et la détermination du Peuple sénégalais. De la même manière, Samba fut confronté à d’innombrables obstacles sur son chemin, reflétant les défis auxquels le Sénégal a dû faire face dans sa quête d’indépendance et de liberté.
Malgré les doutes et difficultés qui l’assaillaient, Samba persévéra, porté par une croyance inébranlable en un avenir meilleur. Sa détermination et son courage incarnaient la force et la résilience du Peuple sénégalais qui, à travers les épreuves, a toujours su s’adapter, se renouveler et préserver son essence face à l’adversité.
La légende du Baobab de la Sagesse résonne avec l’âme du Sénégal, un pays qui puise sa force et son histoire dans ses racines profondes, tout comme le baobab qui résiste aux épreuves du temps. Ce récit envoûtant éclaire la connexion profonde entre notre Peuple et la nature qui l’entoure, rappelant l’importance de préserver son patrimoine culturel et son héritage pour les générations futures.
La quête de Samba nous enseigne que face à l’adversité, la confiance en un avenir meilleur et la détermination à préserver notre identité sont les clés pour surmonter les défis qui se dressent sur notre chemin. Tout comme le Baobab de la Sagesse projette son ombre protectrice sur les générations futures, le Sénégal se tourne vers l’avenir avec confiance et détermination, nourri par la force de son passé et la promesse d’un avenir radieux.
En contemplant le Sénégal, tel un majestueux baobab de la sagesse, nous sommes témoins de sa résilience et de sa force inébranlable. Comme cet arbre millénaire, nul ne peut terrasser notre Nation bénie de la sagesse. Les épreuves du temps telles que les vagues de l’histoire, les vents du changement et les orages des défis, ont forgé notre identité et nous ont rendus plus forts. Tout comme les racines profondes du baobab qui s’entrelacent avec le sol, notre attachement à notre patrimoine et à nos valeurs nous rend invincibles face aux tempêtes de la vie.
Aucune force maléfique ne peut faire tomber notre baobab béni de la sagesse. Notre unité et notre résolution face à l’adversité sont notre bouclier impénétrable. Tel un gardien vigilant, nous veillons sur notre héritage, préservant les enseignements de nos ancêtres et les transmettant avec fierté aux générations futures.
Alors que nous avançons vers l’avenir, gardons à l’esprit que notre Nation, tel ce baobab millénaire, demeure une source intarissable de sagesse et d’inspiration. Puissions-nous continuer à puiser dans nos racines profondes, à cultiver notre diversité et à célébrer notre unité. Que notre baobab de la sagesse demeure éternel, témoin de notre force, de notre résilience et de notre détermination à prospérer en tant que Peuple béni du Sénégal.
Ensemble, emplissons nos cœurs de l’esprit du baobab millénaire, symbole de sagesse et de résilience. Je suis Adama Diop, natif du village d’Agnam-Goly, dans la région de Matam, et je vous invite à parcourir les chemins de notre Nation, à la découverte de ses secrets millénaires enfouis dans les racines profondes du baobab de la paix et de la sagesse.
Puissions-nous, tels des gardiens de ce patrimoine précieux, continuer à écrire l’histoire de notre Sénégal avec passion, détermination et amour pour notre héritage commun. A l’ombre bienveillante du baobab, nous sommes liés par une destinée qui nous unit à jamais. Que cette force nous guide vers un avenir lumineux, où les rêves prennent racine et où la sagesse s’épanouit pour les générations à venir.
Ensemble, gardons notre baobab béni de la sagesse debout, immuable, symbole éternel de notre Nation solide et résiliente. Soyons les gardiens des secrets millénaires du Sénégal, pour que nul ne puisse jamais les effacer de notre mémoire collective. Que notre histoire, comme celle du baobab, s’élève fièrement vers les cieux, offrant un refuge pacifique aux générations futures, et laissant dans son sillage l’inspiration et la grandeur de notre héritage.
Que l’héritage des anciens s’entrelace avec l’espoir des générations futures, car notre Sénégal béni de paix et de sagesse demeure, et demeurera toujours, debout et résilient, guidé par l’éclat de nos racines profondes, dans les mystères sacrés du baobab millénaire. Et nul ne pourra éteindre la flamme de la paix et de la sagesse qui brille dans le cœur de notre Nation !
Adama DIOP
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L’«amak», baobab sacré, est un arbre symbolique qui a poussé sur la tombe de l’ancêtre des Camara du village d’Iwol. Cet arbre constitue une référence mythique dans le respect et la perpétuation de l’histoire des Bediks. L’«amak» disposait d’un grand trou où se faisaient les sacrifices et offrandes. Mais au fil du temps, le trou s’est refermé. Depuis lors, les Bediks effectuent des offrandes et sacrifices à côté du tronc. Le baobab d’Iwol est aussi connu comme étant l’un des plus gros du Sénégal. Il figure désormais sur la liste du patrimoine immatériel.
Le village d’Iwol est niché sur une colline à plus de 23 km de la commune de Bandafassi. Dans ce lieu chargé de l’histoire des Bediks, le baobab d’Iwol est une des principales attractions. L’amak, comme on l’appelle en langue locale, est un lieu de sacrifices et d’offrandes pour rendre hommage aux ancêtres et formuler des prières pour la communauté bedik. Il est aussi un témoin de l’histoire de la vie des Bediks. Ces derniers ont quitté le Mali après l’éclatement de l’empire de Soundiata Keïta. Chassés du Mali, ils sont venus habiter définitivement sur la montagne au Sénégal. Plus tard, ils feront face aux velléités de conquête du roi Alpha Yaya, venu les islamiser. «Le roi Alpha Yaya a quitté la Guinée pour nous convertir à l’islam et nous amener chez lui. Comme on n’a pas voulu, la guerre a éclaté. Les soldats prenaient les belles femmes et les plus jeunes et les amenaient de force en Guinée. Les vieux et les vieilles mamans, on les égorgeait. Les rescapés eux sont partis se cacher dans des cavernes en dehors du village et ils ne sortent que la nuit pour aller puiser de l’eau. Pour piler les céréales, ils écrasaient le mil entre des cailloux pour éviter le bruit des pillons. Comme la guerre est devenue plus grave, ils se sont réunis dans la caverne et ils sont allés trouver l’esprit du village pour qu’il les protège. Il était très gentil, il a accepté rapidement. Il est parti au centre du village et a invité des abeilles qui ont combattu en faveur des Bediks. Et nous avons eu la paix», retrace Jean Baptiste Keïta, enseignant et catéchiste à la retraite.
Un baobab de 23,30 m de circonférence
«Juste à l’entrée du village, nous avons un gros baobab sacré. Mais avant qu’il ne pousse là, il y avait la tombe d’un ancêtre de la famille Camara qui était décédé et que l’on avait enterré là. Cinq ans après, le baobab a poussé sur la tombe», dit-il. Mais ce baobab qui date du 13e siècle est devenu un arbre symbolique pour les familles bediks. Il s’agit des familles Keïta, Camara, Samoura et Sadiakhou. «Chaque début d’année, le responsable organise une grande cérémonie autour du tronc pour les 614 habitants.» Ici, tout est bien codifié. Les Keïta sont les chefs de village, les Camara et les Samoura organisent les fêtes et les Sadiakhou sont chargés du maintien des coutumes.
Le baobab d’Iwol est une référence mythique pour accueillir des «étrangers» qui viennent de partout sur cette montagne. «Nous sommes chrétiens et animistes. Et nous sommes 6 villages bediks dans la région. Iwol est la capitale», explique Jean Baptiste Keïta. «L’amak est un baobab sacré parce que nous on dit que si la personne est morte, là où vous l’avez enterrée, s’il y a un arbre qui pousse dessus, on se dit que peut être c’est l’âme de ce dernier. Avec le baobab, c’est pareil. On dit que c’est l’âme du défunt Camara qui a poussé sur le baobab. C’est la raison pour laquelle nous faisons des prières et des sacrifices. Le baobab est un arbre sacré. Dans la langue bedik, nous l’appelons l’amak», témoigne Jean Baptiste Keïta, natif du village d’Iwol, retrouvé au lieu des étrangers.
Pas de retombées pour les villageois
Avec ses plus de 800 ans d’âge, le baobab d’Iwol figure sur la liste du patrimoine immatériel du Sénégal. Mais les habitants du village d’Iwol, niché sur cette colline, ne bénéficient pas des retombées de ce site historique. Les nombreux visiteurs qui viennent de partout ne changent pas le visage des lieux. «Il y a des guides qui viennent avec beaucoup d’étrangers venus de l’Europe, de l’Amérique et des Sénégalais extérieurs. Ils font tout ce qu’ils veulent et ils partent sans rien laisser ici. Même si ces gens veulent nous donner quelque chose, ils disent ce n’est pas la peine. Et moi, je ne pense pas que ce sont de bons guides», déplore Jean Baptiste Keïta. En outre, il a salué les «actions» de l’association française qui les a aidés à construire l’école et l’église.
«J’étais enseignant au village»
Jean Baptiste Keïta est en quelque sorte l’esprit et la mémoire de ce lieu. «En 1953 quand la religion chrétienne est arrivée ici avec les missionnaires français, j’ai fréquenté l’école catholique à Kédougou, mais pas très longtemps parce que mon papa m’a ramené au village. Comme j’avais de l’intérêt pour l’école, j’ai aussitôt créé une école catéchistique pour apprendre aux enfants à connaître Dieu et un peu parler français. Je prenais les enfants de 5 à 6 ans et je les formais. A l’âge de 7 ans, je leur faisais passer un concours. Tous ceux qui étaient admis, je les amenais à Kédougou», explique Jean Baptiste Keïta qui profite bien de sa retraite.
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L'émission Ca Nous Marque était consacrée le week-end du 30/10/2018 à la Saga LE PETIT PRINCE et son succès partout dans le monde.
Une émission multi-diffusée sur les ondes de France INFO : et entendue par des Millions de Français samedi et dimanche.
Une émission à réécouter ici :
L’émission est accompagnée d’une retranscription en dur sur le site de France Info :
Un peu d'histoire
C'est un phénomène d'édition planétaire. Le Petit Prince publié en 1943 à New York par Antoine de Saint-Exupéry, en français et en anglais, a été édité en France à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1946. Avec 360 traductions, c'est l'un des livres les plus traduits au monde. 14 millions de livres vendus en France, 200 millions dans toute la planète. Thomas Rivière, arrière-petit-neveu d'Antoine de Saint Exupéry est à la tête de la société qui gère les droits dérivés de l'œuvre de l'écrivain, depuis qu'elle fait partie désormais du domaine public.
Les produits dérivés
Ils ont été développés en France à partir de 1993. Aujourd’hui, il y a en plus de 10 000. Le plus insolite d'entre eux, ce sont les graines de baobab qui servent à financer la recherche sur cet arbre. "La base de notre travail, souligne Thomas Rivière, c'est que nous devons protéger Le Petit Prince et ses valeurs. Donc, il nous faut des moyens pour tout cela. Nous revendons à de grandes marques ou à des fabricants que nous reconnaissons. Ils mettent le logo du Petit Prince sur leurs produits et ils nous reversent un pourcentage de leur chiffre d'affaires."
"Nous refusons de nombreuses propositions, poursuit l'arrière-petit-neveu de l'écrivain. Car les marques associées doivent porter nos valeurs".
Les produits dérivés du Petit Prince sont présents partout
Et ils marchent très bien en France, en Europe aussi, en Chine, où le livre n'était pas du tout connu il y a encore quatre ans, c'est le film qui a fait connaître le livre. Là-bas, la version officielle du conte s'est vendue à trois millions d'exemplaires en 18 mois.
En Turquie, il y a une quinzaine d’éditeurs du Petit Prince, en Allemagne, une vingtaine. En Corée du Sud, il y a 100 éditions du conte qui sont actuellement en cours de publication. On estime qu'entre quatre et cinq millions d'exemplaires sont vendus chaque année, Le Petit Prince appartient désormais aux lecteurs.
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La disparition alarmiste de ces arbres emblématiques, annoncée par une publication dans Nature Plants, est-elle causée par le réchauffement climatique comme annoncé ? Selon les spécialistes, rien ne permet de l'affirmer à ce jour.

Adrian Patrut est un chercheur roumain, spécialiste des baobabs. Il a notamment mis au point une méthode de datation par le carbone 14 et découvert l'âge quasi canonique de certains de ces arbres, en particulier en Afrique australe. La publication dans la revue Nature Plants recense les arbres les plus gros ou les plus vieux qu'il a vus en Afrique australe.
De cet inventaire réalisé sur 12 ans, il a tiré une statistique : 9 sur 13 des plus vieux arbres, et 5 sur 6 des plus gros sont morts ou partiellement morts. Le scientifique prend soin de dire que les causes de cette mortalité restent floues, tout en mentionnant le réchauffement climatique (étude de François Engelbrecht parue en 2015) comme piste à creuser. Piste qui a été mise en avant dans les compte-rendus.
Des arbres presque immortels
Avec sa méthode de datation au carbone 14, le scientifique a isolé des spécimens ayant entre 700 et 2.500 ans, sachant qu'un baobab n'a pas un seul âge ! C'est d'ailleurs un point important mentionné dans l'article : les arbres de l'Afrique Australe sont composés de plusieurs tiges-troncs. Ce bouquet de tige a des âges différent, même si d'un point de vue génétique, il s'agit d'un unique et même individu. En dépit de la mort de certaines tiges, certains arbres survivent. Ce processus de croissance leur donne une forme de résilience, voire d'immortalité.
Si le réchauffement climatique nuit au couvert végétal en général, le lien de causalité avec la mort des baobabs n'est pas formellement établi.
Le réchauffement planétaire touche par exemple Madagascar et le Sénégal, deux pays où poussent des baobabs et où ils sont étudiés par des chercheurs. Or leur disparition, dans ces deux pays, est plus une conséquence de l'impact de l'homme (coupe des arbres pour récupérer des terres agricoles ou des terres à construire) que de l'élévation des températures. À Madagascar où en cas de déforestation, ils étaient épargnés dans le passé (laissant des paysages nus parsemés de ces arbres emblématiques), désormais la taille ne fait pas de quartier, et il arrive qu'on sacrifie aussi ces grands arbres.
Manque de pluie... et éléphants
Le baobab, qui n'a pas de racines très profondes, a la capacité de stocker l'eau quand elle tombe et de l'utiliser ensuite pour compenser d'éventuelles périodes de stress hydrique. La corrélation entre baisse pluviométrique sur des décennies et mortalité de ces arbres est une piste qu'il faudrait creuser pour avoir la certitude qu'en Afrique australe, cela conduit à leur mort.
Par ailleurs, note Pascal Danthu, chercheur au CIRAD et spécialiste des baobabs, il aurait été pertinent de porter un regard historique sur la mortalité des arbres, dans la mesure où ils sont plus ou moins étudiés depuis un siècle (par exemple dans les travaux de G.E. Wickens). D'autres causes ont d'ailleurs été étudiées, comme le rôle des éléphants.
Article original : France Inter par Sophie Bécherel
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Vous trouverez ci-dessous la liste des salons, expositions où nous serons présents. Merci de revenir régulièrement pour connaître les nouvelles dates :
- Lundi 08 mai 2017 - Fête de la fleur et des jardiniers Aux-Marais (60000) - 10h00-18h00
- Samedi 13 mai 2017 - Portes ouvertes des serres municipales de Montreuil (93100)
- Samedi 20 mai 2017 - Salle Dumont à Aulnay-sous-Bois - 17h00-21h00
- Jeudi 25 mai 2017 - Fête des plantes à Cugny La Genevraye (77690) - 09h00-18h00
- Samedi 10 juin 2017 - Château d'Arnouville (95400) - 10h00-20h00
- Samedi 16 et dimanche 17 septembre 2017 - Portes ouvertes de la Ferme pédagogique de Rosny-sous-Bois (93111) - 09h30-18h00
- Vendredi 29, samedi 30 septembre et dimanche 01 octobre 2017 - Salon départemental du Jardinage - Montfermeil - 10h00 -19h00 (sauf 18h00 le dimanche)
- Samedi 07 et 08 octobre 2017 de 10h00 à 18h00 - Exposition Gardenia - Institut polytechnique Unilasalle Beauvai
- Samedi 09 décembre 2017 de 10h00 à 20h00 - Château d'Arnouville



- INECOBA sera présente à la 14th International Conference on Accelerator Mass Spectrometry
- Etonnants baobabs dans un centre commercial à Bangkok
- Retrouvez nous les 15 & 16 avril 2017 dans les serres communautaires de Saint-Denis dans le cadre de la Fête des Tulipes
- L'association INECOBA présente le 19 mars 2017 au Parc urbain de Tremblay-en-France : "Le bois est à nous"
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