Institut pour l'Etude et la Conservation du Baobab

L’association INECOBA s’intéresse à développer et à promouvoir tous projets qui visent à étudier, protéger et sauvegarder les baobabs qui comptent déjà 6 espèces menacées inscrites sur la liste rouge l’IUCN parmi les 8 représentées dans le monde.

Des scientifiques ayant analysé l’ADN des emblématiques baobabs de Madagascar ont conclu qu’une espèce largement répandue, appelée Adansonia za, correspond en réalité à deux espèces. Ils rétablissent ainsi officiellement un nom attribué à cet arbre il y a plus d’un siècle, portant de six à sept le nombre d’espèces de baobabs indigènes de Madagascar.

Les baobabs — avec leurs troncs renflés et leurs branches en forme de parasol — comptent parmi les arbres les plus reconnaissables de Madagascar. L’île abrite six des huit espèces de baobabs connues dans le monde : une autre espèce pousse en Afrique continentale et une huitième dans le nord-ouest de l’Australie.

Malgré leur célébrité, des questions fondamentales concernant le nombre exact d’espèces de baobabs et leurs relations de parenté restent sans réponse depuis plusieurs décennies.

« Les baobabs, du genre Adansonia, figurent parmi les plantes les plus emblématiques et les plus importantes sur le plan écologique de Madagascar », expliquent la Dre Nisa Karimi, du Missouri Botanical Garden, et ses collègues.

« Huit espèces sont actuellement reconnues dans le genre. Une espèce est limitée au nord-ouest de l’Australie (Adansonia gregorii), une autre à l’Afrique continentale (Adansonia digitata), et six sont endémiques de Madagascar : Adansonia grandidieri, Adansonia madagascariensis, Adansonia perrieri, Adansonia rubrostipa, Adansonia suarezensis et Adansonia za. Il est toutefois possible que Adansonia madagascariensis soit également indigène de l’île voisine de Mayotte, où des spécimens d’herbier sont connus. »

« L’histoire biogéographique et la diversification des baobabs ont déjà été étudiées à partir de données génomiques, mais les résultats étaient contradictoires et les échantillons provenant des différentes espèces de Madagascar étaient limités. »

 

L’analyse génétique révèle deux lignées

Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé une technique de séquençage ciblé afin d’analyser des centaines de gènes ainsi que les génomes complets des chloroplastes de baobabs provenant de différentes régions de Madagascar.

Les données génétiques ont montré que les populations d’Adansonia za du nord de Madagascar — longtemps considérées comme appartenant à la même espèce que les populations du sud — sont en réalité génétiquement distinctes de ces dernières.

Les baobabs du nord partagent davantage de matériel génétique avec deux autres espèces, Adansonia perrieri et Adansonia madagascariensis, qu’avec les populations méridionales autrefois classées sous le nom d’Adansonia za.

En raison de cette distinction génétique, mais également de différences observées au niveau de la structure des feuilles, des pédoncules des fruits et de la couleur des pétales, les scientifiques ont décidé d’élever la population du nord au rang d’espèce à part entière.

Ils ont ainsi réhabilité le nom Adansonia bozy.

 

Adansonia bozy : un nom vieux de plus d’un siècle

Le nom Adansonia bozy avait été proposé pour la première fois en 1910 par les botanistes Joseph Jumelle et Henri Perrier de la Bâthie, mais il n’avait jamais été maintenu comme nom d’espèce depuis.

Le spécimen type servant aujourd’hui à confirmer le nom rétabli avait été récolté en 1909 dans la vallée du Sambirano. Il est conservé au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris.

« Bien qu’Adansonia bozy présente des caractères morphologiques qui l’avaient conduit à être classé avec Adansonia za, il est en réalité plus étroitement apparenté à deux autres groupes du nord de Madagascar qu’à l’espèce avec laquelle il avait été synonymisé », explique la Dre Karimi.

 

Où trouve-t-on Adansonia bozy ?

Adansonia bozy est présent dans la région relativement humide de la vallée du Sambirano, dans le nord-ouest de Madagascar, dans la province d’Antsiranana.

Des populations pourraient également être présentes un peu plus au sud, notamment près de Marofandelia et sur les versants occidentaux du massif du Manongarivo.

Les chercheurs soulignent également que des individus présentant des caractères intermédiaires pourraient être issus d’hybridations entre différentes espèces de baobabs.

 

image 14995 2 Adansonia

 

Une espèce probablement menacée

La découverte a également une importante conséquence en matière de conservation.

Adansonia bozy pourrait être classé « En danger » (Endangered) selon les critères internationaux de conservation, notamment en raison de la destruction importante des forêts du bassin du Sambirano.

Cette déforestation est notamment liée à l’expansion des plantations de cacao et à la culture du riz sur brûlis.

« Compte tenu des menaces actuelles et de la taille des populations, ce taxon serait classé comme En danger selon les critères de la Liste rouge de l’UICN », indiquent les auteurs.

 

Traduit de l'article publiué sur www.sci.news

Nisa Karimi et al. 2026. Phylogenomic analysis of Madagascar’s baobabs reveals admixed populations and supports resurrection of a previously described species. Taxon 75 (4): e70176; doi: 10.1002/tax.70176

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